Prier comme on respire

De nos jours, la plupart des gens ont une bien piètre image du religieux en général et de la prière en particulier. Beaucoup la voient comme un fastidieux exercice de récitation, quelque chose d’artificiel, de ridicule et même d’infamant. Bref, c’est « trop la honte », quoi.

Cette méprise tient sans doute à des raisons historiques, notamment au poids des traditions dominantes et à leur caractère rigide qui ont vidé la prière de ses caractéristiques essentielles : simplicité, sincérité et spontanéité. C’est pourquoi je trouve qu’il est important de revenir à la base, et tout d’abord, de définir ce qu’est la prière.

Prier, c’est avant tout être en relation avec Dieu, lui faire un peu de place dans notre coeur, lui parler. On peut lui demander pardon pour nos erreurs, lui confier nos joies et nos peines, le remercier pour tout ce qu’il nous donne, même la chose la plus insignifiante, ou encore lui demander ce que nous souhaitons, que ce soit pour nous ou pour les autres. Bref, il s’agit de partager notre vie avec lui.

Ensuite, il faut noter que la prière est indissociable de l’action. La prière nourrit l’action et l’action nourrit la prière. Ce sont nos actions qui nous donnent matière à partager avec Dieu, mais ce sont aussi elles qui permettent d’instaurer un dialogue avec lui. En effet, lorsque nous lui demandons quelque chose, il nous le donne essentiellement au travers de nos actions.

J’illustrerai ce propos par un exemple personnel. Je me posais récemment des questions sur la suite à donner à ma vie et j’ai demandé à Dieu d’être mon guide. Sur le coup, rien ne s’est passé, mais je n’ai pas attendu sans rien faire. J’ai lu, discuté, cherché, expérimenté, et au fil des semaines, le puzzle a commencé à se mettre en place. C’est alors que je me suis souvenu de ma prière : Dieu m’avait donné des éléments de réponse à travers chacune de ces petites actions.

Ce que j’aime aussi dans cette définition de la prière, c’est qu’elle en fait une chose naturelle, une expérience choisie et non subie. Prier devient un art de vivre, car chaque instant de notre vie peut être prétexte à se tourner vers Dieu, à développer cette relation que nous avons avec lui. C’est d’une certaine façon prier comme on respire : aussi permanent, aussi essentiel.

Bien sûr, il s’agit là d’un idéal, car dans notre quotidien, il y a bien des moments où nous ne sommes pas disponibles pour cette relation. Pensons-nous toujours à remercier Dieu pour chaque instant de bien-être qu’il nous donne de vivre ? Pensons-nous toujours à lui demander de l’aide dans nos difficultés ? N’avons-nous pas tendance à l’oublier lorsque nous sommes fatigués ou stressés ?

Il ne s’agit pas de culpabiliser, nous faisons ce que nous pouvons selon nos moyens du moment, mais tendre vers cet idéal est une bonne chose, car une chose est sûre : tout ce qui nous rapproche de Dieu nous est bénéfique.

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